Briser le plafond de verre rural : l'exigence d'une parité de combat. Par le PRG 24

CONTRIBUTION DE LA FÉDÉRATION DE LA DORDOGNE

CONGRÈS NATIONAL DU PARTI RADICAL DE GAUCHE – LYON


I. L’OFFENSIVE RADICALE : LE CONSTAT D’UNE RÉPUBLIQUE INACHEVÉE

Il est temps de dire les choses clairement : dans nos départements ruraux, la parité est trop souvent un slogan que l'on affiche, mais une réalité que l'on étouffe. En Dordogne, comme ailleurs, l'engagement politique des femmes n'est pas freiné par un manque de compétence ou d'envie, mais par un système de sédimentation patriarcale qui ne dit pas son nom.
Nous, Radicaux de Gauche, ne pouvons plus accepter que nos territoires soient les derniers bastions d'un « entre-soi » masculin qui confisque le pouvoir sous couvert de tradition. Le radicalisme est un humanisme de combat ; il doit aujourd'hui devenir le moteur d'une révolution paritaire réelle.

II. DÉNONCER LES BARRIÈRES SPÉCIFIQUES DE LA RURALITÉ

L'engagement des femmes en zone rurale relève trop souvent du parcours du combattant. 

Nous dénonçons avec force :

• La « double peine » géographique : Dans nos territoires, militer signifie parcourir des dizaines de kilomètres. Quand les structures de garde d'enfants sont éloignées et que la charge mentale domestique pèse encore majoritairement sur les femmes, l'éloignement devient un outil d'exclusion invisible.

• Le conservatisme des « notables » : Nous refusons la répartition sexiste des délégations. Aux femmes le social, les écoles et les fleurs ; aux hommes les finances, l'urbanisme et la stratégie. Ce cloisonnement est une insulte à l'intelligence politique des militantes radicales.

• Le pouvoir de l'ombre : En zone rurale, les décisions se prennent encore trop souvent dans des cercles informels. Nous exigeons la fin de cette « diplomatie du comptoir » qui vide les instances officielles de leur substance et exclut de fait les citoyennes.

III. LE PRG COMME AVANT-GARDE : NOS EXIGENCES NATIONALES

Le PRG ne doit pas être un spectateur de la parité, il doit en être l'artisan. 

La Fédération de la Dordogne exige :

1. Une « Parité de Résultats » : Le Parti doit refuser d'investir des candidats dans les territoires où aucune femme n'accède à des postes de premier plan au sein de la fédération. Pas de financement sans une réelle parité des postes exécutifs.

2. L’autonomie financière des candidates : Nous demandons la création d'un fonds de soutien national « Elles Radicales » pour aider spécifiquement les candidates des territoires ruraux à financer leurs frais de garde et de mobilité lors des campagnes.

3. La fin de l'impunité du sexisme ordinaire : Tout propos sexiste ou tentative d'intimidation visant à décourager une élue doit faire l'objet d'une procédure d'exclusion immédiate. Le radicalisme, c'est le respect absolu de l'individu.

IV. LA FORMATION : TRANSFORMER L’ENGAGEMENT EN POUVOIR RÉEL

Nous refusons l’argument fallacieux de la « pénurie de candidates compétentes » trop souvent brandi pour justifier l’immobilisme. 
La compétence ne manque pas, elle est étouffée. 

Nous exigeons un arsenal de formation offensive :

• L’Académie Radicale au Féminin : Création d'un cursus national technique (finances locales, urbanisme, droit électoral). Les femmes doivent maîtriser les dossiers régaliens pour briser les chasses gardées masculines.

• Contrer la violence politique : Mise en place de modules de media-training et de rhétorique pour apprendre à briser la parole confisquée et répondre aux tactiques de déstabilisation sexiste en assemblée.

• Le Mentoring de Combat : Instauration d'un parrainage obligatoire entre élues chevronnées et nouvelles militantes. 
En milieu rural, l'isolement est l'allié du patriarcat ; le réseau doit être notre première ligne de défense.

• Décentralisation du savoir : Organisation d’« Universités de Territoire » au cœur de nos départements pour atteindre celles qui ne peuvent se rendre à Paris.

CONCLUSION

La Fédération de la Dordogne, terre de résistance, refuse de voir la ruralité devenir l'excuse du conservatisme. 
Nous ne voulons plus de « suppléantes » ou de « cautions féminines ». 
Nous voulons des maires, des présidentes d'intercommunalités et des députées radicales.

La République sera paritaire ou ne sera pas.

Nous appelons le Congrès de Lyon à considérer cette contribution de rupture pour que le PRG soit, enfin, le parti qui reflète la totalité de la société.



Adopté à l'unanimité par la Fédération de la Dordogne le 31 mars 2026




Jacqueline Simonnet
Conseillère régionale Nouvelle Aquitaine
Présidente de la fédération PRG24

François Peyrouny
Secrétaire Général

Patrice Reboul
Trésorier

Karine Babel
Déléguée à la communication
Responsable femmes radicales 24 

Fatiha Bancal
Déléguée aux solidarités